SYNESTHESIE ART ET EXPERIENCE CHAMANIQUE questions de Pierre-Benoix Roux à Béatrice Bissara

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2. Quel est le souvenir le plus marquant que vous gardez de cette expérience ?


Mon expérience ne se limite pas à la hutte de sudation puisqu’elle a été suivie d’une quête de vision de quatre jours clôturée par une deuxième hutte de sudation. Difficile de ne garder qu’un souvenir marquant, mais peut-être le sentiment de lâcher-prise au troisième jour qui a entraîné une succession de visions, sur certains arbres, des scènes est des visages se succédant sans interruption, c’était puissant et très impressionnant.

La deuxième hutte de sudation a également été très forte et marquante sans doute parce qu’elle avait eut lieu après cette expérience solitaire au coeur de la forêt. J’étais effectivement alors dans un état d’introspection et de densité particulier qui m’a permis de vivre de manière plus profonde et engagée ce changement de dimension spatio- temporelle mis en place dans le rituel de la hutte.



Abri pour ma quête de vision dans la forêt de Brocéliande



3. Comment reliez-vous cette expérience à votre travail de création artistique ?


Je dirais que je nourris ma vie d’expériences humaines qui me permettent d’enrichir ma compréhension des mondes au delà de la réalité tangible et palpable. J’ai voulu cette expérience comme un chemin initiatique de la ‘re’’naissance’ pour grandir dans la conscience d’être au monde. Chaque nouvelle expérience fait évoluer ma compréhension intime et vient naturellement enrichir mon vocabulaire artistique, m’incite à trouver des correspondances qui puissent rendre l’expérience artistique que je propose encore plus riche et plus proche de l’intime sentiment qui m’habite. Je cherche ensuite comment faire pour que ce vécu puisse être quelque part compris et intégré dans mes oeuvres par le visiteur.


4. Qu’elles sont les projets sur lequel vous allez travailler prochainement ? Je travaille sur un projet lié à la nature. Une expérience comme celle que j’ai vécu enrichie de manière phénoménale la relation intime que l’on peut tisser avec la nature et ce d’autant plus fortement que l’expérience que j’ai vécue dans la forêt était solitaire et contenue dans un périmètre restreint.

Ainsi j‘ai vraiment eu le sentiment d’avoir fait partie d’elle pendant plusieurs jours. La vie de la forêt est intense et riche, les animaux râlent tout au long de la journée et de la nuit, les oiseaux sont très bruyants et vocalisent sans cesse, les élément se déchainent parfois avec force en tout cas c’est ce que j’ai vécu au début du mois de juillet avec le déchainement d’une quasi tempête.

Avant de vivre cette expérience j’étais déjà préoccupée par la figure de l’arbre, qui rejoint celle de l’arbre-monde qui a nourrit dans de nombreuses cultures la tradition de l’origine du monde. La conscience que des forêts entières sont décimées chaque année m’y ont également incité. Car malheureusement les forêts que l’on replante ne comptent parfois que quelques espèces tandis que la forêt naturelle recèle un écosystème d’une richesse et d’une diversité sans pareille.


Arbre âgé de 350 ans, forêt de Brocéliande

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