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Béatrice Bissara est une artiste française née en 1972 qui vit et travaille à Paris.

 

Son concept « Ecologie de la conscience » explore, au travers d’oeuvres et installations en mouvement, peintures et autres propositions artistiques d'exploration sensitive, les « portes de la perception» et au-delà.

Ce concept s’inscrit dans un questionnement plus large que soulève l’Anthropocène qui interroge la vision que l’homme porte sur le monde, la place qu’il occupe, et les liens qui l’unissent au cosmos. En créant des liens entre corps espace temps et conscience elle interroge l’homme dans l’évolution de son rapport au monde et la remise en question progressive d’une vision dualiste d’un monde occidental dominant où l’homme est séparé de la nature au profit d’une vision plus cosmologique où l’homme n’est plus le centre du monde. Vision traditionnellement présente chez certains peuples et relayée aujourd'hui par le monde scientifique grâce à des découvertes dans de très nombreux domaines, astrophysique, neuro-sciences, biologie…

 

Dans une approche intrinsèquement liée à l'expérience sensorielle et psychique, elle renouvelle et apporte de la sorte sa contribution à une réflexion qui, depuis plusieurs décennies, attise l'intérêt de toute une communauté rassemblant scientifiques, philosophes mais aussi artistes. Peut-on dépasser le stade ordinaire de la conscience et le cas échéant, que trouve-t-on alors? 

 

Les oeuvres de Béatrice Bissara offrent une appréhension directe de ce questionnement et propose des pistes esthétiques expérimentales, comme autant d'ouvertures possibles.

 

Questionnant en profondeur notre rapport à la réalité, le travail de Béatrice Bissara est soutenu par des scientifiques (Jean-François Houssais, Michel Bitbol, tout deux chercheurs au CNRS), et ce croisement, cette rencontre, s'inscrivent d'emblée comme une manière de dire la connexion qui s'établit naturellement entre les mondes de l'épistémologie et de l'art. Cet intérêt mutuel exprime comment l'art, par la dimension concrète de l'expérience de l'oeuvre – différente de l'expérimentation scientifique- matérialise, présentifie, rend visible ce que cherchent à montrer les scientifiques avec des mots et des concepts parfois obscurs aux néophytes : l'art comme «Königsweg», pour reprendre l'expression freudienne, « voie royale » vers la connaissance de soi.

 

Qu’elle soit sculpture, peinture, installation, dispositif cinétique, lumineux et sonore, elle dit: "j’expérimente dans mon travail ces processus temporels, poétiques et immersifs pour que l’oeuvre devienne un moment « expérientiel », propre à redéfinir voire faire tomber les limites entre corps, espace, temps et conscience ».

 

Pour cela elle met en place des dispositifs synesthésiques  dans ses « Oscillations intérieures » ou mouvement, son, couleur et forme dialoguent ensemble et construisent une expérience, un récit, ces mini-installations de un ou deux mètres  peuvent se muer en très grandes installations où la vidéo contribue à l’aspect immersif.

 

D’autres types d’oeuvres comme les Connected Dreamboxes qui présentent des dispositifs lumineux pulsatils, qui au delà de faire écho aux « Dream Machines » du poète Brion Gysin, qui en 1962 inventait une machine mettant en rotation la lumière, évoquent la pulsation cardiaque, la respiration, l’affux de sang.  Elle sont, comme leur nom l’indique, des boites-rêves pour se connecter…

L’aspect formel est très important dans le travail de l’artiste, Béatrice Bissara travaille sur le principe de formes connectées qui prennent notamment leur source dans la géométrie et qu’elle nomme « le patrimoine commun de l’humanité » . Elle revisite et crée d’autres formes en s’inspirant de cette matière première comme une source inépuisable.

*Extraits, article de Marie Deparis novembre 2018