Chaque œuvre se compose de dizaines ou centaines de pièces qui s’orchestrent autour d’un support homogénéisant : le cercle, symbole de  ce qui n’a ni début ni fin, l’éternel, le parfait.

Sur cette base surgit la double lecture de l’œuvre.

Le spectateur lui-même est sollicité et doit jouer un rôle actif pour apprécier l’œuvre dans sa totalité.  S’il reste immobile, il ne percevra qu’un aspect global de l’œuvre alors que s’il se déplace, la contourne et cherche un point de vue original, il découvrira l’accumulation de petits personnages ou objets qui, bien positionnés les uns par rapport aux autres, finissent par former une image construite.

Une première lecture superficielle de l’œuvre nous emmène directement vers un monde d’images simplifiées, celui des Smileys.

Ces émoticônes graphiques sont bien représentatifs de notre société actuelle, qui recherche l’instantanéité et l’immédiateté. La communication s’est démocratisée par les outils technologiques, la forme du message lui même a suivi. Mais l’ambivalence tient dans le fait que ces émoticônes concentrent en eux à la fois la simplification extrême du message et et en même temps à qui veut bien le ressentir, une richesse insoupçonnée d’émotions, de sentiments, de sous entendus, contenus dans ce contenant ultra simplifié. Cependant, une lecture plus profonde permet de découvrir les dizaines voire centaines de petits personnages qui la composent. C’est précisément dans  cette double perception que la série acquiert son sens, car l’œuvre est née de cette dualité : individualité et masse.

Cette multiplicité de points de vue se développe également à travers l’introduction des effets optiques créés sur le support en plexiglass, ces cercles qui s’emboitent dans un jeu de couleurs piègent notre perception, des distorsions ou des illusions de mouvement semblent s’opérer, figurent nos émotions, nos sentiments qui prennent mille tonalités différentes, qui peuvent évoluer très rapidement, monter ou descendre en intensité et nous jouer des tours comme les illusions d’optique trompent notre perception. Seul le spectateur attentif pourra ainsi se plonger dans une expérience esthétique et émotionnelle face à l’œuvre.

Derrière cette collection divertissante et rafraîchissante dans la mouvance néo pop & Pop Art, se pose la question de la place de chaque individu dans notre société qui participe consciemment ou non à une œuvre collective, celle de notre société qui passe alternativement d’une image d’orde à une image cahotique, l’ordre naissant du chaos et le, chaos de l’ordre, ce balancement de l’un à l’autre semblant vital pour l’équilibre à long terme.

Big Bang II Egrégores à partir de 2015

Big Bang II est un ode à l’Univers tout entier, une poésie cosmique qui parle de nos liens invisibles avec lui; Infiniment petit et infiniment grand se rejoignent dans une danse interstellaire où la conscience universelle rejoint l’énergie primordiale. 

Sous formes de compositions abstraites ou symboliques, ces paysages reliant infiniment grand et infiniment petit deviennent tour à tour, horizons galaxiques, ciels crépusculaires ou minéralogiques, mers profondes. Les textures viennent enrichir des chromatiques tout en nuance pour apporter une densité de matière qui nous ramène aux éléments naturels primordiaux. Les centaines de petits personnages qui tapissent ces compositions forment des réseaux d’énergie, des egrégores qui animent la matière holographique de l’espace temps. De manière symbolique et comme s’il s’effeuillait, des centaines de pétales le représentent dans certaines oeuvres.

Comme un amas stellaire ou l’impression de grandes nébuleuses dans le ciel austral, les variations de lumières bleues de Genesis Vesica Piscis nous plongent tantôt dans les confins de l’Univers, tantôt, dans les eaux miroitées des mers. Le bleu profond tout comme cette première division cellulaire nous ramènent à l’infini, liquide ou gazeux; aux origines, au tout; cette perfection géométrique, par sa simplicité et son efficacité semble contenir les lois scientifiques, esthétiques et mystiques de l’univers.

Figure sacrée par les pythagoriciens; interprété comme le symbole de la fusion des opposés et comme une représentation de la dualité apparente du monde (Ying et Yang), également noté comme la géométrie de l’oeil humain, Vescica Piscis est aussi ici le lien entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, de la division cellulaire à la conscience universelle.

Big Bang III Quantum world à partir de 2015

MEMOIRE ANTIQUE, les trois grâces, résines chromées or argent et argent noir, 65cm de hauteur chacune 

L'immortalité de Phrynée, Installation, 200cm X150cm X 150 cm (Phrynée: 108cm x 38cm x 20cm), résine chromée argent, tissu

L’IMMORTALITÉ DE PHRYNÉE

Suspendue dans le vide, comme en lévitation, mise sur un piédestal, elle semble ici adulée, idéalisée, promise à l’éternité; elle devient intemporelle et immortelle;

pourtant dans cette mise en scène quasi christique, avec ce linceul blanc immaculé, tombé à terre, plissé en mille recoins par sa chute,un moment d’hésitation et de malaise nous traverse. Car les repères et les pistes sont brouillés et notre conscience balance entre un élan spirituel et sacré et, à la vue de ce corps féminin, tout en courbes et en chair, la sensation du réveil de nos sens qui nous confronte à la matérialité de nos désirs.

cette série est un hommage à l’art antique dans une version pop art; une traversée éclair dans le temps, évoquée,suggérée, dans ses cassures volontaires, ici, impeccablement dissimulées sous le chrome qui recouvre en couche lisse les pièces en résine. C’est aussi une suggestion du temps qui passe… et qui ne revient jamais.

Les trois grâces:

Comment rester insensible au charme et à l’intrigue qui se dégage des « 3 grâces », magnifiquement traitée par l’oeuvre grecque de Nicolas Cordier du IIème siècle et que l’on peut admirer au musée du Louvre ?

Cette thématique sera revisitée par nombre d’artistes et, en particulier, par Lucas Cranach l’Ancien puis, à l’époque contemporaine, par Aristide Maillol. Cette scène pleine de mystère se retrouve dans la série « Corps lumineux » sous la forme de 3 bustes chromés de 3 couleurs différentes, une façon moderne de reprendre le dialogue trinitaire.

« Les trois grâces » arborent trois couleurs différentes pour représenter la tonalité de chaque femme, l’une plus dorée recherchant à séduire, l’autre plus argentée, se contentant de refléter la lumière qu’elle reçoit, la dernière en chrome noir préférant l’ombre à la lumière. Est-ce bien trois femmes ou les 3 visages d’une femme unique qui serait successivement,séductrice à l’excès, celle qui se contente de se prêter au jeu qu’on lui propose ou celle préférant se mettre en retrait en position d’observatrice?

Nicolas Cordier avait utilisé cette mise en scène pour mieux mettre en valeur les détails de leur anatomie. Le nu habillé donne à voir la nudité au travers d’un tissu ayant négligemment glissé sur le corps.

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Les trois grâces

60 x 33 x 22 cm résines chromées argent, noir et or