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I-Les premières années: Le travail de la matière, une exigence fondamentale

 

 

 D’emblée, l’œuvre de Béatrice Bissara s’inscrit dans la figuration. Par choix esthétique, mais également parce qu’elle seule est à même d’exprimer le regard que l’artiste porte sur la vie. Dans ce vaste champ figuratif, au fil de la pratique, la jeune femme se tourne peu à peu vers la sculpture, et vers le bronze.

 

 

 Ce choix d’une matière noble reflète une exigence affirmée, ainsi qu’un certain sens de l’esthétique. C’est en hommage à son idée de la beauté que Béatrice Bissara opte pour cette matière extraordinaire, dont la patine, qu’elle veut noisette, magnifie l’œuvre et lui donne cette touche finale inimitable qui renvoie la lumière.

 

 

 Par ailleurs, le travail du bronze et le processus de transformation complexe qui y est lié vont bien avec la personnalité de l’artiste, dans le dépassement de soi passionné. Quand on fait un bronze, il y a d’abord un original, qui doit être parfait pour que le résultat final soit conforme à l’idée de départ, tout particulièrement dans les expressions du visage. Cela nécessite donc un véritable travail technique, qui s’ajoute à l’expression artistique. C’est ainsi qu’au fil des années, Béatrice Bissara travaille à rendre sa sensibilité de plus en plus palpable.

 

 De la même manière, le bronze s’inscrit dans l’intemporalité, idée-maîtresse qui sous-tend le travail de l’artiste : elle aime les matières qui s’inscrivent durablement dans le temps.

 

 Si la sculpture finale est en bronze, l’original est en terre. En faisant le tour des matériaux possibles, c’est devenu comme une évidence, aucun autre matériau ne pourra remplacer les sensations extraordinaires du travail de la terre. Ce serait pourtant plus facile de faire des originaux en cire, cela permettrait de créer des œuvres plus aériennes mais la cire ne peut être manipulée avec les doigts, seulement avec des outils. La terre, matière charnelle par excellence, est l’occasion pour la jeune femme et la jeune mère qu’est l’artiste de se connecter avec la «  terre-mère nourricière ». A son contact pendant les nombreuses heures nécessaires à la réalisation de ses œuvres, elle y puise une énergie sans cesse renouvelée.

 

 

 

 

II-L’universalité de l’âme humaine

 

 

 Cette exigence qui anime le travail de Béatrice Bissara est au service de l’humain avant tout. Sa passion pour l’être humain l’a conduite à faire des portraits une de ses spécialités : pour elle, représenter un visage, rendre ses expressions, c’est rendre l’être humain. On peut connaître l’autre à travers son visage, il permet de rendre compte de l’âme humaine. « Pour moi il y a dans le corps humain tout l’univers, toute la création divine, le corps est parfait, avec lui on est jamais au bout de ses surprises » nous dit l’artiste. Passionnée par l’anatomie, et en particulier par celle du corps humain, elle est fascinée par l’ extraordinaire complexité de sa géométrie et de sa mécanique. Si la perfection de l’organisation du vivant, de l’univers à la plus petite molécule, la convainc d’un ordre métaphysique de l’univers, elle sait que  l’art de la statuaire requiert une parfaite connaissance de la vérité du corps humain pour parvenir à en saisir le miracle des proportions et de l’équilibre. Elle y travaille donc ardemment, consciente de trouver dans cette étude le moyen de devenir plus libre dans son art.  

 

par ailleurs, rendre le mouvement, la quintessence de la vie est presque impossible, c’est à ce challenge ultime que s’attaque l'artiste. Et pour remporter un tel challenge, la précision et l’exigence technique sont indispensables.

 

 

 La sculpture expressive, dans le mouvement et la force, qui sont les caractéristiques principales du travail artistique de l’artiste sont également une manière pour elle de s’inscrire dans l’histoire de l’art. Au moment de la naissance du statut de l’artiste au 17ème siècle, on classifie les genres, les plus nobles sont ceux qui représentent la figure humaine. En plaçant l’être humain au centre de sa création, Béatrice Bissara s’inscrit dans cette lignée. De solides études d’histoire de l’art lui ont permis de bien connaître l’œuvre des plus grands : fascinée par Le Bernin, Houdon, Canova, ou encore, plus proches de nous, Rodin et Claudel, elle espère les approcher.

 

 

 

 En effet, les œuvres de cette artiste ne sont pas le fruit du hasard. Outre l’exigence technique nécessitée par le choix de la figuration, son œuvre est une recherche personnelle : redécouverte de l’humain et esthétique vont de pair. Ayant fait l’expérience intime de l’unité de l’être humain et de son universalité grâce à une foi renouvelée, elle porte aujourd’hui un regard différent sur l’humanité, empreint d’un amour infini. C’est ainsi que ses œuvres ont vocation à représenter l’être humain dans toute son essence, comme un prémice à la conscience de Dieu, présent dans chacun. C’est ainsi que Béatrice Bissara passe des heures à regarder, à étudier les choses les plus infimes, pour voir ce que tous ne voient pas au premier abord et rendre à travers ses oeuvres l’âme humaine plus accessible, plus sensible.

 

 

 Car la démarche artistique de Béatrice Bissara est aussi un parcours personnel, qui s’inscrit aussi dans une évolution personnelle spirituelle. Elle met ses passions  comme les contes ou encore les cultures du monde au service de sa quête de sens, laquelle sous-tend son œuvre. « Mon objectif est d’offrir du sens avec du beau » aime-t-elle a rappeler : sensible à la plastique, elle veut y associer l’expression de sentiments humains profonds. Une écriture se dessine et s’affirme peu à peu.

 

 

 Enfin, dernière dimension, mais non des moindres, que l’on devine derrière le travail de Béatrice Bissara : la maternité. C’est avec l’arrivée de son premier enfant (4 aujourd’hui) qu’elle se décide à prendre la mesure de sa vocation artistique « Quand on devient mère, on devient responsable d’un être humain en devenir ». Et pour lui, on se doit de prendre la mesure de ses changements personnels, d’aller au bout de soi. Si cela permet aussi de dénouer les blocages, d’aller au-delà de ses peurs, c’est surtout une forme d’engagement magnifique.