Si Béatrice Bissara porte une attention toute particulière et un intérêt profond pour le portrait, peint ou sculpté, c’est bien parce que, comme l’écrit Lichtenberg*, le visage humain est « la surface la plus passionnante de la terre ».
Pour l’artiste, le visage, comme le corps, a une histoire. Et c’est cette réalité, qui donne tout son sens à la notion d’« expression » du visage, que l’artiste cherche à saisir.
Le visage est à la fois universel, dans sa simplicité physiologique, et son dénuement aussi, complexe, du fait de son caractère unique, dans la combinaison infinie des physionomies.
Rendre de la manière la plus fidèle et la plus bienveillante possible un visage, un regard – ce reflet de l’âme, comme on le dit souvent - est sans nul doute pour un artiste l’exercice le plus difficile, le plus délicat et le plus complexe. C’est dans ce périlleux pari que se lance Béatrice Bissara en réalisant, sur commande, des portraits sculptés.
*Georg Christoph Lichtenberg ( 1742-1799) – Aphorismes « Le miroir de l’âme » -Ed Jose Corti, 1997